25.02.2012
CHACUN SA NUIT, un film français de 2006, réalisé par Jean-Marc Barr et Pascal Arnold.

Je n'ai pas choisi la jaquette version Française, parce que celle-ci illustre mieux, à mon sens (et sans détour), le vrai thème du film.
Chacun sa nuit, j'ai vu ce film il y a longtemps de cela et j'en gardais un souvenir assez vague, pour tout dire je n'avais pas vraiment accroché la première fois. Je me souviens même m'être demandé, à l'époque, en quoi cette histoire abordait le thème de l'homosexualité (?!). Je devais me trouver dans un autre état d'esprit à la recherche d'un scénario plus centré sur le sujet et une histoire moins compliquée.
Aussi c'est sans grande conviction que je me suis repassé ce film, mais j'avais besoin de chasser le blues de cette fin de semaine, me changer les idées et parce que je me trouvais en panne de film et ne me souvenais plus très bien de cette histoire sinon quelle était difficile à suivre et quelque peu opaque, j'ai cliqué sur lecture.

Inspiré d'un fait divers, "Chacun sa nuit" est une suite de flash-back qui peuvent devenir très vite déroutant, mais si l'on s'accorde quelques "poses" et "retours arrière", pour retrouver le fil et la trame de l'histoire, la chronologie des faits, on découvre un film convainquant par la sincérité touchante qui s'en dégage et le très bon jeu des acteurs. Une voix "off" celle de Lucie, la sœur de Pierre, revient sur son histoire intimement liée à ces quatre garçons atypiques unis par leurs études de droit et leur groupe de rock, et nous livre le sentiment passionnel, incestueux et réciproque qui l'unissait à son frère.
Faire un résumer de ce film, dresser le portrait de ce groupe n'est pas chose facile, tant les relations entre ces cinq personnages se croisent et s'entremêlent à travers une histoire qui pourtant ne sombre à aucun moment dans le mélodrame.

Il y a d'abord le frère et la sœur, Lucie (Lizzie Brocheré) et pierre (Arthur Dupont), un garçon libertin qui se sert de l'attirance qu'il exerce sur les autres, tant par son corps que par son charisme, comme d'une arme, comme il dit : pour exister. C'est deux là sont unis par des liens passionnels et secrets que je serais tenté de qualifier d'incestueux, si Lucie ne confiait que malgré la sensualité de leurs rapports ils n'ont jamais fait l'amour. Sébastien (Pierre Perrier) c'est l'hétéro macho de la bande, le petit ami de Lucie, jaloux des liens qui unissent le frère et la sœur. Baptiste (Nicolas Nollet), le troisième larron semble quelque peu en retrait du groupe. En manque de confiance, porté sur la bouteille, il envi Pierre pour ses succès auprès des filles et va jusqu'à confier à ce dernier qu'il aimerait le voir baiser pour comprendre. Enfin Nicolas (Guillaume Baché), pour moi le personnage le plus intéressant du groupe. Non seulement parce qu'il est un jeune homme au regard sombre et romantique, au visage fin et gracile, qui renvoie ce coté ado introverti mal dans sa peau, propre à me faire vaciller, mais pour l'ambigüité qui se dégage de lui, cette homosexualité qu'il peine à assumer et dissimule derrière une bisexualité qui ne convînt ni la sœur qui le soupçonne de sortir avec elle pour se rapprocher de son frère, ni Pierre qui lui fait remarquer dans un moment d'intimité "qu'il se tape n'importe quelle gonzesse pour être bien avec sa virilité". Nicolas avant que son copain Sébastien ne prenne le relais, sort avec Lucie tout en couchant avec Pierre. Mais les nombreuses relations que son amant entretient avec d'autres hommes, souvent pour de l'argent, le rendent jaloux et le dépitent.

L'histoire se finit par un drame, la mort de Pierre. Les réalisateurs n'expliquent pas le geste de ces trois garçons. Les parents, les proches, la police y voient un moment de folie meurtrière. Pour ma part, il y a dans ce drame les sentiments de jalousie, d'envie et une part homophobie, que ressentent, pour leur jeune copain, les trois protagonistes de ce lynchage. Chacun a son mobile : Sébastien le petit ami de Lucie, voit dans sa victime un rival, Nicolas est porté par la jalousie et le dépit amoureux que suscite en lui le tempérament frivole et l'amoralité de son amant. Et aussi par ses coups, rejette son désir mal assumé (Un exemple typique d'homophobie). Et puis il y a Batiste le garçon mal dans sa peau, celui qui doute de lui-même et voit dans ce lynchage une revanche sur celui qu'il envi.
Mais peut être je me trompe. Alors, si un jour les réalisateurs de ce film (Jean-Marc Barr et Pascal Arnold), lisent ce billet, qu'ils me donnent leur avis sur l'analyse que je fais de ce dénouement. Cela me ferait vraiment plaisir de connaitre leur propre sentiment, la morale qu'ils ont imaginé.

Vous venez de le comprendre, Nicolas, m'a tapé dans l'œil. Mais, au-delà de la découverte de cet acteur (Guillaume Baché, le genre de garçon dont le regard me fait littéralement rêver et que je serais capable de contempler pendant des heures, en notant chacune des expressions de son visage.), il y a là un très beau film d'auteur, intelligent, sensible, réalisé avec passion, qui mérite le détour et que je vous conseille. À voir et à revoir.
21:03 Écrit par patblog dans Carnet, cinéma, littérature gay et les bons coins, Garçons de rêve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.02.2012
Ancien carnet. Dimanche 11 février 2007. Héry.

Un garçon nommé Héry, (ancien carnet).
En allant au Tilt j’avais ma petite idée derrière la tête. C’était la première fois, depuis que j’y avais rencontré Héry que je pouvais à nouveau m’y rendre les samedis où ce garçon ne travaille pas et je savais que ce soir là j’avais une chance de le rencontrer. Alors, comme nous avions passé un moment sympa lors de notre première rencontre, je savais que je pouvais compter sur lui si je le croisais à nouveau.
Cela faisait 6 mois que je ne l’avais pas vu et que je pensais à lui de temps en temps et tout s’est passé comme je l’avais espéré.
Il était là, comme dans ma tête et au troisième regard échangé il m’a reconnu et m’a sourie. Un peu plus tard en passant à côté de lui j’ai passé ma main dans ses cheveux sans m’arrêter (la drague est un jeu où l’on teste sa chance avant de miser). Je savais qu’il se passerait quelque chose entre nous si je m’arrêtais à côté de lui, quelque chose qui ne me mènerait nulle part, mais qui me faisait envi et auquel ma raison ne savait comment résister ; quelque chose dont je ne saurais, ni que faire, ni dans quel poche de ma vie la ranger ?
Alors je suis revenu sur mes pas, simplement parce qu’il m’attendait, parce que je savais qu’il attendait qu’une force me pousse à le faire et que… (enfin, non), parce que je devinais que si je ne le faisais pas, si je n’allais pas vers lui, je me le reprocherais trop longtemps et que ce regret, ce remord, empoisonnerait mes pensées.
La tentation de la vie est la plus forte. Nous avons passé deux peut être trois heures ensemble ; dans ces moments là, la dimension temps disparait et tant de choses aussi.
Avec lui j’ai retrouvé le plaisir de serrer un corps contre le mien, le goût du baisé, l’odeur d’une peau de garçon et la douceur de cette peau sous mes doigts. Le plaisir de lécher délicatement un visage, de chercher avec le bout de ma langue sa pomme d’Aden et de la sucer avec délectation.
Nous avons fini dans une cabine (avec porte), parce qu’il voulait que je le prenne.
Une fois que cela eût été fait il m’a dit avec cette franchise naïve et sans détour qui fait beaucoup de son charme :
« tu vois on y est arrivé ! »
La boucle était bouclée, et moi, je ressentais une sorte de lassitude mêlée de déprime. C’était fait c’était fini et une pluie de questions et de doutes s’abattait sur moi.
Il avait joui, quelques gouttes seulement : "parce que je me suis fais prendre avant que tu arrives et avec l’un deux je me suis masturbé… ", a-t-il tenu a me préciser, avec cette honnêteté, cette candeur d’un gamin trop spontané que je redécouvrais après six mois.
Cette nuit là, le Tilt me faisait mentir, cette nuit là il y avait plein de garçons qui me faisaient envie ! Une constatation qui tranchait avec les nuits précédentes où je m’étais tant ennuyé !
Héry me disait qu’il m’inviterait chez lui un autre soir et qu’il viendrait chez moi si je l’y invitais, qu’il était content de m’avoir retrouvé, que les autres ne pensaient qu’a le limer mais qu’il y prenait aussi du plaisir et qu’il ne fallait pas que l’on oubli d’échanger nos numéros de portables.
Bref, Héry m’a dit tout et son contraire, comme un jeune gay parisien égal à lui même, déroutant.
Et pourtant, c’est tellement bon de l’avoir serré dans mes bras, d’avoir caressé son corps sans que la lassitude ne pointe son nez. C’est bon comme une douche sur un corps fatigué, battu par la vie. Bon comme le goût du sel sur la peau en été. Ses baisés avaient réveillé le plaisir de la vie et puis il y avait sa main qui venait se glisser dans la mienne malgré sa méfiance et que je serrais doucement, tout doucement, comme la patte d'un petit animal sauvage : pour effacer sa crainte, faire naître dans son regard cet instant de confiance et d’intimité qui lui manquait.
Une main dans ma main. C’est si peu et tellement à la fois.
19:58 Écrit par patblog dans Ancien carnet, Garçons de rêve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2012
Où je me souviens de "L'ange exterminateur", un film de luis Bunuel.

Synopsis (Wikipédia) :
Lors d'une réception organisée chez un notable se produit un étrange événement : nul ne semble pouvoir partir; tout d'abord parce que le départ de chacun est toujours reporté par un événement quelconque, puis, à partir du matin, se manifeste une impossibilité physique de sortir de la maison. Seuls les notables sont présents, en compagnie de leurs épouses, les domestiques ayant tous démissionné avant le début de ces évènements mystérieux.
Des mois que je me dis qu'il faut que je rappelle les copains, que j'y pense au moins une fois par jour. Il y a des soirs où je sens que la décision a été prise quelque part dans une case de mon cerveau, dans un sursaut de renaissance, de retour à la vie. C'est comme les toussotements que donne un moteur après multe coups de clefs. On se dit : ça y-est, il va redémarrer ! Puis plus rien. Et je remets à plus-tard. Même mes posts, il m'arrive de plus en plus souvent de les écrire et d'en remettre la publication à plus tard, et là c'est grave.
Ça me fait penser à ce film "L'ange exterminateur", un film de luis Bunuel (1962): au terme d'une surprise partie, les invités sont frappés d'une crise d'"aboulie" : ils ne sont plus capables de rien vouloir. Ils resteront 5 jours dans le salon sans pouvoir en franchir le seuil, symbole de la reprise des relations avec le monde.
Ce film m'avait marqué. J'étais ado alors et particulièrement impressionnable et à chaque fois que je remets mes coups de fils au lendemain (ou toutes autres choses), je revois ce salon et ces gens qui ne pouvaient plus en sortir.
Et puis il y a d'autres raisons plus terre à terre. J'ai deux sortes de copains : Ceux qui me snobent, me titillent (souvent par dépit) et les autres qui ne voient en moi qu'un bon coup et prendraient mon appelle pour une acceptation à baiser. Dans le milieu gay c'est : soit on laisse indifférent, soit on excite les hormones. Le sexe ou rien. Les vrais copains comme on en connait dans le milieu hétéro, ceux avec qui l'on passe une bonne soirée pour le seul plaisir d'être ensemble, je n'ai jamais connu.
Ça m'est souvent arrivé de passer une soirée avec quelqu'un à qui parler, en sachant que ça se terminerait (immanquablement) par une partie de jambes en l'air. J'acceptais. Mais à présent je n'ai plus envie de le faire. Une question d'âge peut être : on s'offre plus facilement à vingt ans, on a moins de principes, ça fait partie du jeu. A moins que ce ne soit pour cette raison que, si l'on refuse les avances au moment décisif, si l'on repousse la main baladeuse, l'autre nous fait passer pour une mijaurée. Combien de fois j'en ai entendu des histoires comme ça : des mecs qu'on descendait, que l'on faisait passer pour des allumeurs, parce qu'au bout du compte, ils n'ont pas couché.
Aujourd'hui, j'ai le sentiment que j'acceptais de faire la pute, d'endosser le rôle du garçon facile. Et pas pour de l'argent, non, juste pour une présence : pour échapper le temps d'une soirée à la solitude, en échange d'un moment de réconfort. Les échanges désintéressés, les moments d'amitiés vraies parce que simples et désintéressés, même avec des mecs plus jeunes que moi (voire, bien plus jeunes que moi), je les compte sur les doigts d'une main.
Ça vient peut-être de moi (on m'a toujours dit que j'avais un beau cul), de l'image que je renvoi : le garçon ni beau ni moche, qui semble une proie facile parce qu'un peu perdu en lui ; à moins que ce ne soit inhérent au milieu gay où entre mecs les relations semblent à l'identique de ce que l'on retrouve entre garçons et filles chez les hétéros.
Bref je n'ai rappelé personne.
19:34 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.02.2012
Retour sur mon post : Le milieu gay, ou le quart monde…
Malgré ce que j'ai pu écrire dans ce billet (sur les lieux de drague gay) je suis retourné dimanche dernier, à l'occasion d'un rayon de soleil, à l'étang de Saulx : l'idée qu'il puisse y avoir près de chez moi un lieu de rencontres où des garçons viennent y chercher la même chose que moi, avait fait son chemin dans ma tête. J'ai commencé par un tour le long de (la rivière, l'égout) l'Yvette en direction du centre commercial de Villebon. En m'engageant sur le chemin, j'ai vu arriver devant moi un joggeur, avec une belle gueule de mec et des jambes de footballeur couvertes de poiles sombres ; des jambes à ce damner. Je n'ai pas pu m'empêcher, malgré les promeneurs, de me retourner (pour un type comme moi, c'est preuve que ce mec était foudroyant). En suivant la berge je suis arrivé au pont qui enjambe l'Yvette. J'ai pris le petit raidillon qui mène en haut du pont : Un endroit qui fait penser à un immense terrain vague, l'envers de la société de consommation avec son vieux canapé les entrailles à l'air, au scaille mangé par la mousse, une carcasse de frigo bouche béante, un amas de planches pourries et de tôles rouillées dévorées par des herbes folles et les inévitables canettes métalliques, bouteilles plastiques et autres détritus qui jonchent le sol. Une friche urbaine, désolante que l'hiver rend plus déprimante encore.
La première fois que je suis venu là, il y avait un gars qui rôdait au milieu de ce décor semblable à ceux de mes plus mauvais rêves, un type à l'opposé de ce qui m'intéresse. En poursuivant mon exploration des lieux je suis tombé à nouveau sur lui : il se tenait derrière des buissons, le regard tourné vers moi, le pantalon baissé et le geste de la main régulier. Cette fois l'endroit pourtant parfait pour les rencontres était désert et le type qui m'avait laissé tout à fait indifférent manquait presque.
Après, Je suis retourné vers l'étang, non sans un petit espoir de croiser à nouveau ce joggeur vêtu d'un tee short et d'un short noir. Tout en grelottant sous mon anorak et les couches que j'avais ajoutées dessous, je me demandais comment il pouvait en si petite tenu supporter le froid et il m'a semblé plus désirable encore.
Arrivé à l'étang, j'ai pris le chemin qui longe le parking de terre battue, en me demandant si j'allais revoir cette voiture, une clio noir aux vitres fumées garée au fond du parking là où il n'y a personne. J'étais tombé dessus la première fois, en m'aventurant dans cette partie déserte de l'air de stationnement, attiré par quelques forums qui racontaient que ça draguait de ce côté là. Le week-end dernier, en passant devant la voiture j'avais cru quelle était vide. Puis en revenant sur mes pas, j'avais deviné à l'intérieur un visage qui me suivait, celui d'un mec jeune, que je n'avais pas vu à mon premier passage à cause du fumé des vitres. Cette voiture garée à la lisière des broussailles dans ce coin reculé, ça m'avait intrigué, mais sans plus…
Cette fois encore, la voiture était là, la même "cliot noir", garée au même endroit. Et tout à coup, à elle seul elle était un signe, une présence, une touffe de verdure au milieu du désert. Le visage à l'intérieur m'a suivi, comme s'il m'avait reconnu.
J'ai fais le tour de l'étang. J'ai croisé quelques joggeurs aux jambes musculeuses et un garçon équipé comme un randonneur, avec un sac à dos, des chaussures de marche, des vêtements en tissus épais. Un beau jeune homme blond au regard posé, aux traits doux et fins. La seconde fois que je l'ai croisé il a cherché mon regard et s'est attardé dans le mien : c'était plus que je n'en attendais.
En rentrant j'ai pris le chemin qui longe le fond du parking. La voiture était toujours là, son moteur tournait au ralenti. J'ai pensé : pour réchauffer l'habitacle...
En passant à sa hauteur, j'ai tourné la tête et il y avait toujours ce regard qui me suivait.
19:58 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.02.2012
La passion des garçons.

Souvent en quittant le bureau, plutôt que de rentrer directement chez moi, je me trouve une bonne raison de m'attarder sur Paris : une visite à la librairie "Les mots à la bouche" à la recherche d'un roman qui me fasse oublier la fin tristounette de celui que je viens de terminer, et si le temps si prête, une balade sur les quais des Tuileries. Juste pour le plaisir de croiser un regard, de feuilleter au milieu de la foule, tous ces beaux garçons qui s'offrent à moi comme autant de photos d'un album de charme.
J'aime la foule anonyme des grandes villes qui nous ragaillardie, l'espoir qu'elle porte en elle et nous laisse à penser qu'il y a quelque part un garçon qui nous attend.
Le métro est aussi un de mes lieux de prédilection, l'humeur y est plutôt badine. J'aime son odeur, j'aime m'engouffrer dans l'une de ses bouches, me promener dans le dédalle de ses couloirs. Un copain m'a expliqué que c'est sans doute parce que nous avons été "trimballés" (dans notre petite enfance), dans ce réseau souterrain de Paris, que nous ressentons se sentiment indicible, auquel les autres nous répondent lorsqu'on l'évoque, d'une moue dubitative. L'appelle de la forêt en quelle que sorte. Et puis à chaque fois que je me retrouve dans uns de ses stations, il y a toujours un visage qui semble m'attendre, un petit parisien ou un garçon exotique, qui accepte mon regard, puis une fois monté dans la rame me jette des petits coups d'œil intéressés et contenus, mystérieux. Et moi, comme un peintre devant son modèle, je le scrute, me fais une idée de lui à la façon avec laquelle il s'habille, se tient debout ou assis, m'amuse de ses regards à la fois refusés et offerts, mais jamais réprobateurs. J'analyse le jeu de ses mains, ses mimiques, détaille les traits et la carnation de son visage et aux saisons plus clémentes tout ce qui de son corps s'offre à mon regard. Et si je suis tout à fait séduit par le portrait, entre deux regards volés au milieu du vacarme assourdi de la rame, je me pose tout un tas de questions : où il va, qui il est, de quoi est faite sa vie.
C'est de là que me vient mon amour de Paris et ce qui nourrit ma passion des garçons.
J'en ai plein de ces photos de garçons prises dans les transports, dans des restos, ailleurs. Je les ai classées dans un dossier que j'ai nommé :
photos volées.
10:16 Écrit par patblog dans Carnet, Garçons de rêve | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note






