12.02.2012

Retour sur mon post : Le milieu gay, ou le quart monde…

 

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Malgré ce que j'ai pu écrire dans ce billet (sur les lieux de drague gay) je suis retourné dimanche dernier, à l'occasion d'un rayon de soleil, à l'étang de Saulx : l'idée qu'il puisse y avoir près de chez moi un lieu de rencontres où des garçons viennent y chercher la même chose que moi, avait fait son chemin dans ma tête. J'ai commencé par un tour le long de (la rivière, l'égout) l'Yvette en direction du centre commercial de Villebon. En m'engageant  sur le chemin, j'ai vu arriver devant moi un joggeur, avec une belle gueule de mec et des jambes de footballeur couvertes de poiles sombres ; des jambes à ce damner. Je n'ai pas pu m'empêcher, malgré les promeneurs, de me retourner (pour un type comme moi, c'est preuve que ce mec était foudroyant). En suivant la berge je suis arrivé au pont qui enjambe l'Yvette. J'ai pris le petit raidillon  qui mène en haut du pont : Un endroit qui fait penser à un immense terrain vague, l'envers de la société de consommation avec son vieux canapé les entrailles à l'air, au scaille mangé par la mousse, une carcasse de frigo bouche béante, un amas de planches pourries et de tôles rouillées dévorées par des herbes folles et les inévitables canettes métalliques, bouteilles plastiques et autres détritus qui jonchent le sol. Une friche urbaine, désolante que l'hiver rend plus déprimante encore.
La première fois que je suis venu là, il y avait un gars qui rôdait au milieu de ce décor semblable à ceux de mes plus mauvais rêves, un type à l'opposé de ce qui m'intéresse. En poursuivant mon exploration des lieux je suis tombé à nouveau sur lui : il se tenait derrière des buissons, le regard tourné vers moi, le pantalon baissé et le geste de la main régulier. Cette fois l'endroit pourtant parfait pour les rencontres était désert et le type qui m'avait laissé tout à fait indifférent manquait presque.
Après, Je suis retourné vers l'étang, non sans un petit espoir de croiser à nouveau ce joggeur vêtu d'un tee short et d'un short noir. Tout en grelottant sous mon anorak et les couches que j'avais ajoutées dessous, je me demandais comment il pouvait en si petite tenu supporter le froid et il m'a semblé plus désirable encore. 

Arrivé à l'étang, j'ai pris le chemin qui longe le parking de terre battue, en me demandant si j'allais revoir cette voiture, une clio noir aux vitres fumées garée au fond du parking là où il n'y a personne. J'étais tombé dessus la première fois, en m'aventurant dans cette partie déserte de l'air de stationnement, attiré par quelques forums qui racontaient que ça draguait de ce côté là. Le week-end dernier, en passant devant la voiture j'avais cru quelle était vide. Puis en revenant sur mes pas, j'avais deviné à l'intérieur un visage qui me suivait, celui d'un mec jeune, que je n'avais pas vu à mon premier passage à cause du fumé des vitres. Cette voiture garée à la lisière des broussailles dans ce coin reculé, ça m'avait intrigué, mais sans plus…

Cette fois encore, la voiture était là, la même "cliot noir", garée au même endroit. Et tout à coup, à elle seul elle était un signe, une présence, une touffe de verdure au milieu du désert. Le visage à l'intérieur m'a suivi, comme s'il m'avait reconnu.
J'ai fais le tour de l'étang. J'ai croisé quelques joggeurs aux jambes musculeuses et un garçon équipé comme un randonneur, avec un sac à dos, des chaussures de marche, des vêtements en tissus épais. Un beau jeune homme blond au regard posé, aux traits doux et fins. La seconde fois que je l'ai croisé il a cherché mon regard et s'est attardé dans le mien : c'était plus que je n'en attendais.

En rentrant j'ai pris le chemin qui longe le fond du parking. La voiture était toujours là, son moteur tournait au ralenti. J'ai pensé : pour réchauffer l'habitacle...
En passant à sa hauteur, j'ai tourné la tête et il y avait toujours ce regard qui me suivait.

 

19:58 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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