26.01.2012

Tan Lines, de Ed Aldridge.

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Tan Lines. Impossible de retenir ce titre et pourtant c'est le film que je ne me lasse pas de revoir et entre tous, celui dont j'ai le plus envie de vous parler.

 

 

 

 

 

 

 Bernard Alapetite, d'un ton condescendance (voire détestable) et usant de petites phrases assassines en a fait une critique au vitriol. Il reproche au réalisateur un certain amateurisme, dénigre les scènes de surf (mal filmées), les plans sexe qui manquent d'éclairage (!), annote à l'encre rouge des "dialogues bâclés", des textes "pas assez travaillés" ; rien n'est épargné et lorsqu'il trouve quelque chose de bon dans ce film, il trouve encore le moyen de dénigrer. On se croirait revenu sur les bans du collège.
Certes je n'ai pas l'expertise de ce "cinéaste", dont l'analyse me fait songer à l'aigreur d'un technicien de plateau et je veux bien admettre que les scènes de surf n'auraient pas leur place dans un reportage sur ce sujet et les plans sexe la leur dans le catalogue de "Bel ami" ou de "Cadinot", où l'éclairage et la plastique des corps sont les seuls critères. Mais ce n'est pas ce sur quoi je m'arrête en regardant un film qui aborde ce thème qui m'est cher : la différence de genre.

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Tan Lines, c'est l'histoire d'un garçon (Midget) qui se cherche tout en rêvant d'ailleurs, de voyages, avec une naïveté et une arrogance propre à son âge, le tout sur une petite île balnéaire Australienne qui semble coupée du monde.  Après plusieurs années d'errance Cass, gay notoire, rentre chez lui pour un bref séjour. Entre lui et le Midget va naitre une idylle aussi brève que passionné, mais révélatrice pour le jeune garçon.

 (Désolé, je suis absolument nul quand il s'agit de résumer une histoire, un film ou un livre, d'en faire la synthèse, et je ne peux me résoudre à faire du copier/coller. Regarder plutôt le film !)


 Les acteurs sont naturels, spontanés, l'histoire crédible et le tout, malgré un budget qui n'a rien à voir avec celui des productions Hollywoodienne, convaincant. C'est si vrai qu'en relisant les dénigrements du réalisateur de "Comme un frère", je me suis dis qu'il fallait probablement rechercher ailleurs les raisons, de ce qui me fait penser plus à une rancœur de bas étage qu'à une critique objective.


Tan Lines, c'est aussi la fraicheur d'une histoire simple racontée simplement. Un petit film sans prétention que je me repasse avec toujours le même plaisir, en découvrant à chaque fois un détail qui m'avait jusqu'alors échappé et qui ajoute à cette histoire. Et je me f… bien de savoir si je peux compter les poiles sur les fesses du jeune Midget Hollow (le délicieux, Jack Baxter). Ce qui nous est caché n'en est que plus désirable.

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Alors si vous voulez passer un bon moment devant votre écran, et ne savez plus vers quelle jaquette vous tourner, si comme moi vous n'avez pas trouvé votre bonheur dans la série : "plus belle la vie", que votre cerveau se refuse à se ramollir devant " scène de ménage", n'hésitez pas, Tan Lines est le film que vous cherchez. Je vous assure que l'histoire est intéressante et le jeune Midget Hollow, (malgré les faiblesses de l'éclairage) exquis.

25.01.2012

Le milieu gay, ou le quart monde…

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Je ne me sentirais pas plus seul, insolé, si j'habitais à l'entré d'un hameau au fin fond de la Creuse. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai tapé sur mon clavier "Gay drague Essonne", et à chaque fois : rien. L'écran ne me renvoi que des liens périmés sur des endroits où au plus fort des beaux jours quelques-uns racontent qu'un jour il y ont vu un mec se masturber ! Ce sont des chiots à l'écart d'une aire de repos, des bois au nom déprimants, fréquentés par des joggeurs,  et des landaus. Autant de "posts" qui puent la solitude, la misère psychologie, la pisse, et au bout du compte la déprime. Et je subodore que dans ces forums, certains indiquent ces lieux de "rencontres" dans l'espoir d'y voir débarquer toute la gente gay des environs. Tien ! Ça me donne une idée. Soyons fou. Si je postais dans tous les forums de rencontres que le parc de ma mairie est un haut lieu de la drague, que les mecs y défilent comme dans les allées du Sun City. La mairie est en face de chez moi, je pourrais faire le choix d'une tête blonde de mon balcon en sirotant un Whisky !

 Plus sérieusement. La banlieue est un dortoir couplé à un ensemble de zones commerciales qui me font penser à autant de fourmilières de la consommation. C'est affligeant. Tout en faisant le tour de l'étang de Saulx, je le vais les yeux sur ces barres d'immeubles, ces tours qui ressemblent à des histogrammes, ces lotissements étalés à la façon d'un damier et je faisais ce rapide calcul dans ma tête : je prenais la population de la région, disons un million d'habitants que je divisais par le pourcentage de gay (supérieur à la moyenne nationale en ile de France), ce qui m'a donné quelques dizaines de milliers de garçons qui recherchent la même chose que moi. Et pourtant, pas un bar pas une boite ne ressortent de mes recherches sur le web.  Je comprends mieux que tant de mes congénères acceptent de vivre dans un placard à balaie, ou choisissent les contraintes d'une colocation pour habiter sur Paris.
Il y bien le fameux bois de Verrières, où j'ai trainé mes guêtres durant tant d'années. Mais depuis les tempêtes qui ont traversés la France fin 1999, l'accès côté petit Clamart a été fermé aux voitures pour des raisons de sécurité. Les autres entrés du bois ont depuis été ré-ouvertes sauf celle-ci. Certains, en au lieu ont dû trouvés l'occasion trop belle de mettre fin au flot de ces mauvais garçons qui envahissaient les bois chaque week-end. Depuis ce lieu mythique n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été. On y voit souvent les mêmes visages, des habitués qui à force de nous croiser, finissent par nous faire un petit signe de la tête alors même qu'ils n'ont jamais échangé un mot avec nous. Et puis la plupart ne viennent là que pour y trouver leur part de sexe, "dégorger le poireau", par tous les temps, rien d'autre. La misère, encore la misère et au milieu de cette misère l'espoir comme une lampe suspendu à un fil.
Il me faudrait plusieurs vies pour rencontrer ici un garçon qui vienne s'assoir à côté de moi pour faire connaissance, échanger un téléphone, partager un sourire. Alors je me suis lassé d'y venir.  J'ai rejoins l'avis de tous ceux qui m'en ont toujours parlé comme du dernier endroit où l'on peut faire une rencontre sérieuse, et j'ai cessé de m'y rendre.

A chaque fois que je raconte ça à mon frère (qui ne comprend toujours pas pourquoi je suis toujours seul), il me regarde avec des yeux ébahis et son regard se fige, incrédule comme s'il venait de descendre d'un car de touristes et découvrait soudain les bidonvilles de Manille.

19:54 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

18.01.2012

Les garçons du Sant'Antonio.

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Je dînais hier au soir avec mon frère au Sant' Antonio, ce restaurant gay friendly place du Bourg Tibourg, dans le marais. Un endroit que je vous recommande pour ses pizzas, les meilleurs de la capitale et ses plats de pates tout aussi délicieux. L'ambiance et le personnel sont aussi une spécialité de la maison. Les serveurs ne sont jamais les mêmes mais toujours de beaux gosses, choisis pour leur charme et leur aptitude à se faire mater en gardant le sourire.

Un beau jeune homme au visage émacié que j'avais pris pour un client, nous a placés dans la grande salle près de la fenêtre qui donne sur la rue de la Verrerie. Sans rien demander à mon frère, j'ai pris la banquette d'où j'avais une vue d'ensemble sur la salle, les clients qui arrivaient et les allées et venues des serveurs.

Le beau gosse venait de prendre notre commande, en échangeant avec mon frère quelques sourires et amabilités, qui m'ont fait froncer les sourcils, lorsqu'ils sont arrivés. Deux jeunes, un garçon et une fille, elle un peu plus âgé que lui. Ils se sont installés à coté, en laissant une table vide entre nous. La fille a pris la banquette et le garçon s'est assis en face de moi.
Je l'ai remarqué dès qu'il est entré dans la salle, un visage comme le sien qui allie la beauté, le charme et un tel charisme, ça vous transperce comme une épée : ça fait mal au point que l'on espère lui trouver un défaut qui nous rassurerait, nous délivrerait de cette emprise.

C'est dans ces moments là que je prends conscience que ne sais pas m'exprimer. Je me dis que  j'aimerais avoir la plume d'un grand romancier, ou les moyens de m'offrir leur service pour dépeindre et fixer pour toujours le portrait de ce garçon. Comment décrire cette beauté déroutante ? Comment exprimer le charme bouleversant de ce visage typé aux longs sourcilles sombres et effilés qui surlignaient de grands yeux noirs et vifs que deux petits sillons soulignaient, le tout entouré de longues mèches de cheveux emmêlées qui cachaient ses oreilles, descendaient dans son cou et lui donnait un air de sauvageon? Comment évoquer la grâce de ce corps mince, de ses bras secs (il avait eu la bonne idée en arrivant de relever ses manches), à la peau mat, couverts d'une pilosité fine et régulière qui mettait en valeur l'ondulation de ses muscles ?

 Tout en sirotant sa bière, le garçon prêtait une oreille distraite (ce qui me rassurait) au flot de paroles dont l'inondait la jeune femme qui lui faisait face, une blonde "fadace" au visage ovale, les cheveux tirés en arrière, le teint pâle, les yeux globuleux. Ils se parlaient sans se pencher l'un vers l'autre, sans se regarder dans les yeux comme l'aurait fait un couple de leur âge. Ajouter à ça la teneur très professionnelle de leurs discussions dont quelques brides me parvenaient au milieu du brouhaha, j'en été arrivé, non sans une certaine satisfaction, à la conclusion qu'ils devaient être de simples collègues.

 Comme à mon habitude j'affichais, entre chaque coup d'œil dans sa direction, une parfaite indifférence, hochant de la tête à chaque fois que mon frère terminait une phrase, puis relançant la conversation sur un autre sujet. J'étais à cent milles lieux d'espérer de ce garçon quoique ce soit qui ressemble à de l'intérêt, persuadé qu'il ne s'était même pas aperçu de ma présence, quand il a incliné son regard de mon coté et après avoir hésité m'a considéré de ses grands yeux noires. Son regard était si profond que j'ai cru m'y perdre, et j'ai baissé les yeux avec l'indifférence de quelqu'un qui n'est pas intéressé. Je suis passé à ce point maître dans l'art de cacher mes sentiments, que je parviens à convaincre les garçons que je désir le plus, de mon total désintéressement à leur endroit.
 Sans arrogance, sans flagornerie, mais hésitant, confus, inquiet, ce regard improbable, inespéré se tourna à nouveau vers moi et à chaque fois je détournais le mien, à mon tour troublé, perturbé, parce que je me demandais si je devais attribuer son attention à l'intérêt que je lui portais, si c'était sa façon de me demander ce que je lui voulais, ou si ce regard venait de lui ; supposition insensée qui me troublait d'autant plus qu'elle me semblait de plus en plus probable.

 Tandis que mon frère, après avoir épuisé les sujets familiaux : les dissensions récurrentes, les claches qui avaient émaillés une fois de plus les réunions de fin d'année en famille, soupesé les bons et mauvais côté de chacun dans un esprit de conciliation, se lançait dans un monologue sans fin où il dressait la liste de toutes les innovations et avantages technologiques du dernier "i-pad" qu'il s'était offert pour noël, je réalisais que je n'aurais rien su proposer à ce garçon dont au fil de la soirée, il semblait de plus en plus vraisemblable (sans que je puisse m'expliquer cet anachronisme) que j'avais bel et bien retenu son attention. Je me sentais nul, mal, incapable s'il s'était trouvé en face de moi, de lui faire la conversation, de l'intéresser autrement que par quelques bagouts dans lesquels je me serais pris les pieds ; en d'autre termes : impuissant à le séduire.
Tout en relançant mon frère par quelques questions faussement intéressées sur l'utilité de son nouveau jouet (dont il me conseillait à présent l'acquisition), un mot me tournait dans la tête, puis une phrase. En jetant un nouveau coup d'œil à ce garçon qui semblait autant absorbé par la discussion que lui tenait sa collègue, que moi par celle de mon vendeur de chez Darty, je me résignais à cette constatation : J'étais un contemplatif, une sorte d'esthète ; incapable de faire l'adéquation entre rêve et réalité.
 J'aurais pu rester là toute la soirée, voire la nuit, à contempler ce garçon sans me lasser et sans que me vienne l'envie de glisser mes mains sous sa chemise ou de forcer l'élastique de son slip (Je n'avais à son endroit, aucun de ses désirs qui me viennent quand je pose mon regard sur d'autres garçons, comme ce beau gosse qui faisait le tour des tables pour s'assurer que tout allait bien, que j'aurais bien aimé déshabillé en arrivant et auquel je ne prêtais plus attention) ; j'aurais pu rester là une éternité, sans autre désir que de suivre le mouvement de ses lèvres, plonger mon regard dans le gouffre de ses yeux noirs, parcourir sans fin les traits de son visage, chercher son odeur et au milieu du tumulte deviner sa voix ; mais aligner deux phrases, engager une conversation avec lui, je réalisais combien j'en étais incapable.

 En rentrant chez moi mon intérieur m'a semblé d'une banalité triste à mourir. Propre certes, mais abandonné à un certain laisser- aller et souffrant d'un manque de goût qui s'était installé sans que j'en prenne conscience : le désordre sur la table du salon, les poches vidées sur le meuble de l'entrée, la lessive qui pend sur le sèche-linge dans la chambre d'ami, les vêtements qui s'accumulent au pied du lit. Je ne range plus. Devant tout ce fouillis dont je prenais tout à coup conscience, je pensais que je n'étais même plus en mesure de recevoir chez moi, que je me serais senti gêné en débarquent ici avec ce garçon. Pour la première fois, je me suis même surpris à envier l'intérieur contemporain et cossu que l'on trouve chez mon frère, propre à séduire,  nickel comme un stand de chez Ikéa, dont je me suis toujours fais fort de penser que c'était là une marque d'ostentation sans intérêt et que la vie était ailleurs.

J'ai pris un Lexomil, je me suis glissé sous ma couette avec le souvenir de son regard et je me souviens que ma nuit a été peuplé de songes confus où des garçons me croisaient en me tournant le dos, et la première chose que j'ai fais en me levant c'est d'aller voir sur internet à quoi ressemblait un I-Pad.

13.01.2012

Stats de blog, Saumonard, Oléron et le garçon "différent" de La Rochelle.

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A chaque fois que je consulte les states de mon blog, les visites "par villes" et que je constate que le compteur des visiteurs sur la Rochelle et le temps passé sur mon blog pour cette ville s'est incrémenté, j'ai un petit pincement au cœur. L'espace d'un instant je pense à ce garçon "différent des autres", que j'ai croisé cet été sur la plage des Saumonards.
En surprenant une conversation, entre lui, son copain et un couple d'habitué, qu'ils retrouvaient chaque après-midi, j'en avais déduit qu'ils étaient de la Rochelle. C'est de là que me vient ce petit frémissement du côté du cœur, de cette ville, des stats, enfin de tout ça. Je n'ai pas oublié ce garçon qui dès le premier jour tourna son regard vers moi et que je surprenais à m'observer franchement, les jours suivants.
Sous ma couette en cherchant le sommeille, en flânant sur les quais des Tuilleries, comme cet après-midi, au bureau devant mon écran plein d'ennui, je reviens souvent vers ce garçon, bien que je ne sache rien du lui : que son corps mince et glabre, son sexe coudé comme un robinet de jardin et puis son regard tourné vers moi ; et peut être pour cette raison que je ne sais rien de lui je rêve souvent de lui...  Je sais, il y a autant de chance que cela se produise, que d'assister à la chute d'une comète qui mettrait tout le monde d'accord, mais je me surprends parfois à imaginer qu'un jour en se promenant sur la toile comme je le fais, en tapant ces mots : "Saumonards, Oléron, drague", il découvrira ce billet : " Retour de vacances: Un garçon différent. ", où je parle de lui, et peut être (mais cela fait tant de peut être), il se reconnaîtra…

11.01.2012

Bilan de santé.

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J'ai voulu en savoir plus (cette fois), briser la glace, au risque de… en savoir trop. Un copain, enfin ce qu'on appelle "un copain", dans le milieu m'a répondu un jour alors que je lui faisais part de mes hésitations à en savoir davantage : "C'est à toi de savoir si tu veux savoir. ". Fort le mec.
 Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est que d'avoir devant soi trois mois de sursit, quand ce sont pour vous des années qui s'offrent à vous. Ma vie tient dans un mouchoir de poche. Et ce petit mouchoir quand on me le rend tout propre et entier, j'y tiens et je n'ai pas envie de poser de question. Alors je le plie soigneusement et je le glisse dans ma poche, en relevant la tête et en inspirant une grande bouffé de cet air redevenu soudain si doux. Mais ça, un type dont la vie se résume à se prouver, malgré les apparences, qu'il est un homme, ça ne peut pas, ça ne veut pas, le comprendre.


C'est passé, pour cette fois. Soulagé.
 Elle m'a répondu qu'ils ne pouvaient pas dire si les traces qui apparaissent sur les images, sont des restes de maladie (entendez : cellules cancéreuses) ou  des cicatrices. Elle envoie mon dossier à L'IGR, à un grand ponte dont je n'ai pas retenu le nom, et qui décidera de la suite : nouveaux examens, poursuite du traitement actuel, intégré un nouveau protocole de soin : servir de cobaye. J'en saurais plus dans trois semaines. Encore attendre.
L'idée de servir de cobaye. Je l'ai regardé avec un certain étonnement, parce que cette idée m'était venue en même temps qu'elle (mon oncologue) voulait m'en parler. Tester des traitements innovants, servir de cobaye, c'est à la fois m'offrir un espoir tout neuf et donner un sens à ma vie.

19:43 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

09.01.2012

il n'y a rien de plus vrai que les souvenirs.( Léon-Paul Fargue)

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C'est en parcourant le répertoire de mon mobil dans un moment d'ennui, que je suis tombé sur Miguel. Il y avait là son numéro de fixe et de portable,  preuve que ce garçon avait compté pour moi, mais impossible de mettre un visage sur ce prénom. Alors j'ai ouvert mon ancien "carnet" et après avoir retrouvé (enfin) dans cette "P…" de barre des taches qu'ils compliquent à chaque nouvelle version, rien que pour nous "emm…", la fonction "Rechercher", j'ai tapé son prénom sûr de retrouver le billet où immanquablement j'avais dû évoquer cette rencontre, parler de lui, ces quelques lignes qui me remettraient son visage en mémoire.
 
Mais rien, je m'en étonne encore. Un oubli, dommage. Pourtant, en parcourant ce texte, je me suis surpris à lire avec plaisir, comme si tout cela avait été écrit par un autre, un garçon qui aurait quelque chose à dire. Je n'ai rien trouvé qui me permette de retrouver le visage de ce garçon, mais sur ma lancé je lu d'autres billets, et peu à peu je me suis reconnu ; tout m'est revenu : ces moments inattendus, ces rencontres de rêve, comme si je venais de les vivre. Et l'idée m'est venue de publier dans ce nouveau (carnet) blog, ces textes que je rédigeais après mes virées à Paris : où je parlais des garçons que j'avais croisés, les instants de tendresse, les caresses volées dans l'obscurité complice des back-rooms, les plans sexes quand rien d'autre ne s'offre à nous. Ces textes qui sont un moment de la mémoire d'un gay Parisien.


J'ai toujours l'envie d'écrire mais il me semble (trop) souvent, qu'entre le bilant de mes analyses sanguines et le détaille des effets secondaires de mes traitements, mon apathie chronique qui efface tout jusqu'à l'odeur d'un garçon, le chemin entre le laboratoire d'analyse et la pharmacie, mon boulot où je ne fout rien dans l'indifférence total ; le tout ponctué de quelques regards croisés dans une rame de RER,  je n'ai plus grand-chose d'intéressant à dire ; sinon me répéter en tournant en rond. Et aussi je ne trouve plus les mots pour le dire. Tout s'efface en moi comme des phrases écrites à la craie. Imaginer que vous essayez de démarrer le frein à main serré !

Rebondir. Si encore j'étais à deux doigts d'y passer je pourrais susciter ici ou là un semblant d'intérêt, donner à cette vie un peu de relief, mais je suis suspendu dans le vide, ni moribond, ni vivant : sans valeur ajouter. Un patient.


L'écriture et la lecture sont deux thérapies qui se complètent, se répondent. Et en parcourant les textes de mon ancien blog (si près, si loin), je viens de ressentir tout le sens de cette phrase de Léon-Paul Fargue ; "il n'y a rien de plus vrai que les souvenirs". Alors il m'est venu cette idée : Publier ici, mes nuits passées dans le Marais, raviver, perpétuer, égrainer le souvenir de ces instants passés dans les bras de garçons inoubliables. Revivre tout ça.

21:06 Écrit par patblog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Ancien carnet, 15 janvier 2006.

En écrivant ce billet je ne savais pas encore que j'avais un "crabe" dans le ventre. C'était avant, le 15 janvier 2006. Ça me semble si près et c'est déjà de l'autre côté de le vitre.

"Il n’y a plus de Thomas, ni de Rached, ou de Miguel… Plus que des plans culs, des bites que l’on suce de plus en plus spontanément, mécaniquement en se posant de moins en moins de question. Je baise aujourd’hui avec des garçons que je ne remarquais même pas il y a si peu de temps : est-ce une bonne chose ? Ou bien devrais je avoir peur de cette nouvelle réalité.
Je vis comme si mon existence était en déficit : j’accepte les petits boulot, les petites bites, les torses trop poilus à mon goût, les boulets trop évidents.

J’ai peut être le SIDA, mais je commence à ne plus même me poser la question : j’adhère à la philosophie du milieu (sucer, le risque est infime…), est ce que je fais le bon choix ?

Je me converti à la doctrine gay…  A reculons mais sans m’arrêter, ma vie rejoint les nuits fauves.

 Souvent, je pense à ce garçon croisé dans le RER en rentrant du bureau. Ce garçon dont je ne sais rien, que je ne reverrai sans doute jamais et qui avait flashé sur moi comme cela m’est si rarement arrivé. Ce garçon qui me plaisait et que j’ai laissé partir, comme ça, comme si le fait d’être aimé, choisi, c’était déjà bien, déjà beaucoup. Durant quelque minutes, j’étais celui que l’on désir, dont on guette le regard, celui qui plait. Et cela me suffisait.

Souvent je pense à lui. Je me demande où il est, ce qu’il fait à cet instant, s’il se souviens parfois à cette après-midi où nous nous sommes croisé, si j’existe encore dans un coin de sa mémoire.

 Que serait il arrivé si j’avais levé mon cul (petit certes mais toujours aussi lourds), de mon siège pour le rejoindre sur le quai, lui, qui une fois descendu du train remonta la rame, me cherchant derrière les vitres du wagon ; lui qui d’un geste de la main me demandait un numéro de téléphone ou n’importe quoi pour que l’on puisse se revoir, donner une suite. Il est parti en baisant les bras comme quelqu’un qui renonce et tandis que les portes du train se refermaient (à mon grand soulagement),  j’ai senti dans son regard qui se détournait que j’avais déçu.

Était-il différent du garçon rencontré à la piscine de la rue de Pontoise ? Ce beau jeune homme qui m’avait tellement déçu lorsque j’avais compris qu’il ne pensait qu’à m’entraîner dans sa cave, pour un plan cul...

Au fond je ne dois pas aimé suffisamment les garçons pour les laisser partir ainsi. Ai-je peur de ce qui est possible ? Ou peut être est ce que je les aime trop et ne les désirs pas suffisamment.

Il me faut trop de temps pour me lever, pour réveiller mes jambes puis mes mains, pour décider d’un sourire et choisir celui qui me semble le bon. Tant de temps, trop de temps ; au point que lorsque je me sens enfin prêt l'autre est déjà bien loin.

 Il n’y a plus rien devant moi qu’un mur de nuit.
Je n’attends plus rien, ni personne, je n’ai plus de rêve ni d’innocence. Je joue les arrêts de jeux, seul au milieu d’un stade qui s’est vidé et ne résonne plus de rien.

Juste quelques bites à sucer, sans un sourire, ni même un regard."

20:02 Écrit par patblog dans Ancien carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

04.01.2012

Avant que son souvenir ne disparaisse tout à fait.

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  Cela fait pas mal de temps que l'envie de revenir évoquer ce garçon entre deux pages de ce blog, me titille. Mais je ne savais jamais comment évoquer le souvenir de ce garçon, qui a traversé ma vie et mon bureau sans que je n'aie su quel sens donner à son regard. Vous savez ce regard d'émeraude qu'il plantait dans le mien à chaque fois qu'il se tournait vers moi et me tendait la main. Peut être, d'ailleurs, n'est ce que l'envie d'écrire qui ravive ce souvenir. Les détours que prend notre cœur  ne sont souvent que l'occasion de donner quelqu'interêt à ce qu'il faut bien se résoudre à appeler une promenade dominicale en forêt. Après les vacances d'été, Nicolas a fait quelques apparitions sporadiques au bureau. J'ai cru tout d'abords qu'il était revenu parmi nous, que le petit jeu entre nous allait reprendre. Pour ceux qui prennent le train en marche, un petit rappelle s'impose. Un matin j'avais eu l'idée de mettre en évidence sur mon bureau un de ces petits sacs que l'on vous donne à la boutique "les mots à la bouche", c'était un test en lequel je ne croyais pas vraiment ; mais il arrive parfois que dans certaines situations, à court d'imagination, l'on tente un peu "n'importe quoi". Personne n'y a prêté attention, personne sauf Nicolas dont le regard a été comme capté par le petit sac bleu. Les jours suivants j'ai changé le sac de place et à chaque fois son regard a suivi. Alors j'ai pensé que ce garçon et moi avions peut être plus de choses en commun que j'avais osé l'espérer et je me suis mis à rêver pour de bon.

Ça me fait tout drôle de repenser à tout ça. C'est un peu comme si je retournais me glisser sous des draps encore tièdes, d'une nuit.
 La dernière fois qu'il m'a serré la main (mais je ne savais pas que c'était la dernière fois), il me semble qu'il y avait, au creux de son regard comme une douceur, comme si quelque part, entre ce sac et ses reculades devant la machine à café, il savait que c'était la dernière poignée de main, et que nous ne nous reverrions jamais. Je ne saurais jamais si Nicolas dont le souvenir me reviendra de loin en loin était gay, si c'est mon regard qui retenait le sien comme je me plaisais à le croire, ou si c'était sa façon à lui de dire bonjour, simplement. Tout cela restera pour moi une énigme et au fond cela vaut peut être mieux. De même, je continuerai, à chaque fois qu'il m'arrivera de penser à lui,  de me demander s'il habite là, près de chez moi comme je l'ai supposé après avoir tapé son nom et son prénom sur les "pages blanches" du web ou s'il vit à l'autre bout de Paris, ou dans une banlieue lointaine pleine de tours et de palissades de chantier.

Ses quelques retours parmi nous avant de disparaitre tout à fait de notre horizon, m'ont permis de me détacher de lui en douceur, de prendre le temps de me faire à cette idée. Il me reste de lui le souvenir d'un regard magique, d'un visage inoubliable, qui comme ces paysages qui défilent derrière la vitre d'un train et s'effacent de notre esprit une fois descendu sur le quai, finira par disparaitre de ma mémoire. Mais avant qu'il soit trop tard, que ce souvenir ne s'éloigne comme s'éloignent les saisons, je voulais tourner la dernière page de cette histoire, lui donner une fin.

 

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