25.01.2012

Le milieu gay, ou le quart monde…

gay,drague,homo

Je ne me sentirais pas plus seul, insolé, si j'habitais à l'entré d'un hameau au fin fond de la Creuse. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai tapé sur mon clavier "Gay drague Essonne", et à chaque fois : rien. L'écran ne me renvoi que des liens périmés sur des endroits où au plus fort des beaux jours quelques-uns racontent qu'un jour il y ont vu un mec se masturber ! Ce sont des chiots à l'écart d'une aire de repos, des bois au nom déprimants, fréquentés par des joggeurs,  et des landaus. Autant de "posts" qui puent la solitude, la misère psychologie, la pisse, et au bout du compte la déprime. Et je subodore que dans ces forums, certains indiquent ces lieux de "rencontres" dans l'espoir d'y voir débarquer toute la gente gay des environs. Tien ! Ça me donne une idée. Soyons fou. Si je postais dans tous les forums de rencontres que le parc de ma mairie est un haut lieu de la drague, que les mecs y défilent comme dans les allées du Sun City. La mairie est en face de chez moi, je pourrais faire le choix d'une tête blonde de mon balcon en sirotant un Whisky !

 Plus sérieusement. La banlieue est un dortoir couplé à un ensemble de zones commerciales qui me font penser à autant de fourmilières de la consommation. C'est affligeant. Tout en faisant le tour de l'étang de Saulx, je le vais les yeux sur ces barres d'immeubles, ces tours qui ressemblent à des histogrammes, ces lotissements étalés à la façon d'un damier et je faisais ce rapide calcul dans ma tête : je prenais la population de la région, disons un million d'habitants que je divisais par le pourcentage de gay (supérieur à la moyenne nationale en ile de France), ce qui m'a donné quelques dizaines de milliers de garçons qui recherchent la même chose que moi. Et pourtant, pas un bar pas une boite ne ressortent de mes recherches sur le web.  Je comprends mieux que tant de mes congénères acceptent de vivre dans un placard à balaie, ou choisissent les contraintes d'une colocation pour habiter sur Paris.
Il y bien le fameux bois de Verrières, où j'ai trainé mes guêtres durant tant d'années. Mais depuis les tempêtes qui ont traversés la France fin 1999, l'accès côté petit Clamart a été fermé aux voitures pour des raisons de sécurité. Les autres entrés du bois ont depuis été ré-ouvertes sauf celle-ci. Certains, en au lieu ont dû trouvés l'occasion trop belle de mettre fin au flot de ces mauvais garçons qui envahissaient les bois chaque week-end. Depuis ce lieu mythique n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été. On y voit souvent les mêmes visages, des habitués qui à force de nous croiser, finissent par nous faire un petit signe de la tête alors même qu'ils n'ont jamais échangé un mot avec nous. Et puis la plupart ne viennent là que pour y trouver leur part de sexe, "dégorger le poireau", par tous les temps, rien d'autre. La misère, encore la misère et au milieu de cette misère l'espoir comme une lampe suspendu à un fil.
Il me faudrait plusieurs vies pour rencontrer ici un garçon qui vienne s'assoir à côté de moi pour faire connaissance, échanger un téléphone, partager un sourire. Alors je me suis lassé d'y venir.  J'ai rejoins l'avis de tous ceux qui m'en ont toujours parlé comme du dernier endroit où l'on peut faire une rencontre sérieuse, et j'ai cessé de m'y rendre.

A chaque fois que je raconte ça à mon frère (qui ne comprend toujours pas pourquoi je suis toujours seul), il me regarde avec des yeux ébahis et son regard se fige, incrédule comme s'il venait de descendre d'un car de touristes et découvrait soudain les bidonvilles de Manille.

19:54 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Écrire un commentaire