11.01.2012

Bilan de santé.

gay,cancer,chimio,igrNouveau scanner, tous les trois mois. Je ne m'y habitue pas. Il y a des choses auxquelles on ne s'habitue jamais : les piqûres dans le bras, la chimio, les pv, un regard désiré qui se détourne… mais surtout les scanners.  A chaque nouveau rendez-vous, avant chaque moment de vérité, je retiens mon souffle, je me sens comme suspendu à un fil. Ouf ! Cette fois encore il n'y a pas d'évolution : c'est stable. Et puis les analyses de sang (tous les trois semaines), sont parfaitement normales ; ce qui a fait dire à mon oncologue : "c'est bien !" Ce qu'elle a répété avec une petite noue qui m'a laissé dubitatif : "c'est bien…".
J'ai voulu en savoir plus (cette fois), briser la glace, au risque de… en savoir trop. Un copain, enfin ce qu'on appelle "un copain", dans le milieu m'a répondu un jour alors que je lui faisais part de mes hésitations à en savoir davantage : "C'est à toi de savoir si tu veux savoir. ". Fort le mec.
 Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est que d'avoir devant soi trois mois de sursit, quand ce sont pour vous des années qui s'offrent à vous. Ma vie tient dans un mouchoir de poche. Et ce petit mouchoir quand on me le rend tout propre et entier, j'y tiens et je n'ai pas envie de poser de question. Alors je le plie soigneusement et je le glisse dans ma poche, en relevant la tête et en inspirant une grande bouffé de cet air redevenu soudain si doux. Mais ça, un type dont la vie se résume à se prouver, malgré les apparences, qu'il est un homme, ça ne peut pas, ça ne veut pas, le comprendre.


C'est passé, pour cette fois. Soulagé.
 Elle m'a répondu qu'ils ne pouvaient pas dire si les traces qui apparaissent sur les images, sont des restes de maladie (entendez : cellules cancéreuses) ou  des cicatrices. Elle envoie mon dossier à L'IGR, à un grand ponte dont je n'ai pas retenu le nom, et qui décidera de la suite : nouveaux examens, poursuite du traitement actuel, intégré un nouveau protocole de soin : servir de cobaye. J'en saurais plus dans trois semaines. Encore attendre.
L'idée de servir de cobaye. Je l'ai regardé avec un certain étonnement, parce que cette idée m'était venue en même temps qu'elle (mon oncologue) voulait m'en parler. Tester des traitements innovants, servir de cobaye, c'est à la fois m'offrir un espoir tout neuf et donner un sens à ma vie.

19:43 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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