09.01.2012
il n'y a rien de plus vrai que les souvenirs.( Léon-Paul Fargue)

C'est en parcourant le répertoire de mon mobil dans un moment d'ennui, que je suis tombé sur Miguel. Il y avait là son numéro de fixe et de portable, preuve que ce garçon avait compté pour moi, mais impossible de mettre un visage sur ce prénom. Alors j'ai ouvert mon ancien "carnet" et après avoir retrouvé (enfin) dans cette "P…" de barre des taches qu'ils compliquent à chaque nouvelle version, rien que pour nous "emm…", la fonction "Rechercher", j'ai tapé son prénom sûr de retrouver le billet où immanquablement j'avais dû évoquer cette rencontre, parler de lui, ces quelques lignes qui me remettraient son visage en mémoire.
Mais rien, je m'en étonne encore. Un oubli, dommage. Pourtant, en parcourant ce texte, je me suis surpris à lire avec plaisir, comme si tout cela avait été écrit par un autre, un garçon qui aurait quelque chose à dire. Je n'ai rien trouvé qui me permette de retrouver le visage de ce garçon, mais sur ma lancé je lu d'autres billets, et peu à peu je me suis reconnu ; tout m'est revenu : ces moments inattendus, ces rencontres de rêve, comme si je venais de les vivre. Et l'idée m'est venue de publier dans ce nouveau (carnet) blog, ces textes que je rédigeais après mes virées à Paris : où je parlais des garçons que j'avais croisés, les instants de tendresse, les caresses volées dans l'obscurité complice des back-rooms, les plans sexes quand rien d'autre ne s'offre à nous. Ces textes qui sont un moment de la mémoire d'un gay Parisien.
J'ai toujours l'envie d'écrire mais il me semble (trop) souvent, qu'entre le bilant de mes analyses sanguines et le détaille des effets secondaires de mes traitements, mon apathie chronique qui efface tout jusqu'à l'odeur d'un garçon, le chemin entre le laboratoire d'analyse et la pharmacie, mon boulot où je ne fout rien dans l'indifférence total ; le tout ponctué de quelques regards croisés dans une rame de RER, je n'ai plus grand-chose d'intéressant à dire ; sinon me répéter en tournant en rond. Et aussi je ne trouve plus les mots pour le dire. Tout s'efface en moi comme des phrases écrites à la craie. Imaginer que vous essayez de démarrer le frein à main serré !
Rebondir. Si encore j'étais à deux doigts d'y passer je pourrais susciter ici ou là un semblant d'intérêt, donner à cette vie un peu de relief, mais je suis suspendu dans le vide, ni moribond, ni vivant : sans valeur ajouter. Un patient.
L'écriture et la lecture sont deux thérapies qui se complètent, se répondent. Et en parcourant les textes de mon ancien blog (si près, si loin), je viens de ressentir tout le sens de cette phrase de Léon-Paul Fargue ; "il n'y a rien de plus vrai que les souvenirs". Alors il m'est venu cette idée : Publier ici, mes nuits passées dans le Marais, raviver, perpétuer, égrainer le souvenir de ces instants passés dans les bras de garçons inoubliables. Revivre tout ça.
21:06 Écrit par patblog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







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