28.06.2011

Pour l'égalité, en 2011, je marche, en 2012, je vote.

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Je venais de parcourir les différents lieux de drague du bois de Verrières, quand je me suis retrouvé à mon point de départ, dans cette clairière où les garçons s'allongent, certains dans le simple appareil, pour une séance de bronzage. Je me suis assis un peu à l'écart des autres, dans l'herbe fraiche, à l'ombre d'un prunier.
Installés en plein soleil, un couple accompagné d'un copain se prélassent au soleil. Le garçon seul, assis en tailleur, fini de s'épiler la cuisse avec une brucelles. Par moment il jette un regard par-dessus ses lunettes de soleil dans ma direction.

A quelques pas de moi, debout, deux types discutent de la "gay pride" (la marche des fiertés), qui venait de se tenir la veille. L'un deux, le plus vieux, regrette sur un ton désabusé que cette année la manifestation soit très politisée, que le défilé ne soit plus comme avant l'occasion de faire la fête et rien que ça. Je sursaute. Comme peut-on reprocher aux organisateurs et associations LGBT, de profiter de l'évènement pour faire entendre les revendications de la communauté homo, pour dénoncer les inégalités et discriminations dont nous faisons encore l'objet.
Je détaille le type qui vient de sortir ces incongruités  et auquel je n'avais prêté aucune attention jusque là. C'est un habitué du bois, un vieux en fin de course, le genre qui arpente les coins de drague à la recherche d'une dernière pine à lustrer ; de l'espèce de ceux qui ont passé leur vie à draguer pour draguer sans jamais chercher à construire une relation durable. Une vieille tante sortit d'un placard poussiéreux, décrépit, bedonnant; portant sur les garçons qui l'entouraient un regard lubrique, et aussi rétrograde sur les questions des droits des homos, qu'une Christine Boutin ou un C.Vanneste.
L'autre qui l'écoutait ne lui donnait pas tord. Pire, il allait dans son sens, en rajoutait et je pensais : c'est déconcertant d'entendre des homos, tenir de telles propos !

Et puis, ça veut dire quoi : "trop politisé."?! Cet évènement a toujours été pour la population homo l'occasion de revendiquer ses droits dans une ambiance festive, où des folles flamboyantes, des "nounourses" ventrus, des "barbies" dandinant du cul, portent fièrement nos couleurs et perpétuent le folklore gay.

Aujourd'hui plus que jamais nos vies sont indissociables de la politique. Il en va de même en ce qui concerne les droits de la communauté homo. Est-ce que je me trompe si j'avance que de tous temps les progrès en matière d'égalité de droit (en ce qui nous concerne), nous ont toujours été accordées par des hommes politiques de gauche.

Un petit rappel s'impose…

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Avant la révolution française, l'homosexualité était passible de la peine capitale, qui était plus ou moins appliquée selon les époques.
Janvier 1750, le dernier "bûcher de Sodome" en France. Les gagne-deniers et cordonnier Jean Diot et Bruno Lenoir, pris de boisson, sont surpris par le guet, rue Montorgueil à Paris, en train de commettre ce qui aurait dû être considéré comme un banal outrage à la pudeur, comme il s'en produisait régulièrement passible d'une mercuriale (jugement). Ils sont cependant condamnés à la peine maximum, sentence confirmée par le Parlement, et brûlés en place de Grève (Place de l'Hôtel de ville de Paris), le 3 juillet 1750.

  

 En 1791, l'assemblée constituante, sans débattre de la question, abandonne le crime de sodomie entre adultes consentants. La révolution française dépénalise ainsi les rapports homosexuels.

 

Les heures sombres de l'occupation.

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 En 1942, pour la première fois depuis la Révolution, une loi introduisant une discrimination fondée sur le sexe des partenaires est adoptée. C'est l'amiral Darlan, assumant, la charge de chef du gouvernement, des Affaires étrangères, de la Marine, de l'information et du secrétariat d'Etat à l'intérieur qui en est l'initiateur. Il écrit une note le 14 avril 1942, à l'intention du gouvernement : " Mon attention a été attirée sur une importante affaire d'homosexualité où se trouvaient compromis des marins et des civils […]. Les seules mesures de répression actuellement en mon pouvoir sont les sanctions disciplinaires contre les marins. La législation actuelle ne permet d'effectuer aucune poursuite contre les civils [...]. L'impunité dont ils sont assurés encourage leurs agissements. Aussi je demande au garde des Sceaux s'il ne serait pas opportun d'envisager une procédure et un texte de loi permettant de poursuivre de la même façon les civils. ".

 

gay pride, marche des fiertés6 Août 1942, Loi n° 744, Pétain signe un texte de loi portant la majorité sexuelle pour les actes hétérosexuels à 15 ans et à 21 ans pour les actes homosexuels, réprimant insidieusement l'homosexualité. Dans les faits Vichy, par des discours d'une violence extrême, contribuera à l'accroissement de l'homophobie qui se traduira par une violence exercée par toute la société au quotidien sur les homosexuels.

 

 En 1945, les ordonnances du gouvernement du général de Gaulle confirment cette disposition, et resteront jusqu'en 1982, où à la demande de Francois Mattérrand, Robert Badinter se battra bec et ongles et contre les huées des élus de droite pour faire abolira cette discrimination.

Mais on ne s'en tient pas là. Sous le règne du général d'autres lois discriminatoires à l'égard des homosexuels verront le jour:

 

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Le 18 juillet 1960, l'amendement du député UNR de la Moselle, Paul Mirguet, classe l'homosexualité "fléau social" et donne au gouvernement le droit de légiférer par décret pour la combattre (4° de l'article unique de la loi n° 60-773 du 30 juillet 1960 autorisant le Gouvernement à prendre, par application de l'article 38 de la Constitution, les mesures nécessaires pour lutter contre les fléaux sociaux).
En 1968, La France adopte la classification de l'OMS classant l'homosexualité dans les maladies mentales…

Sous Pompidou et Giscard, il ne se passe rien. Je veux dire rien de notoire. Rien ne change. La répression continue et la vie du commun des homos, se poursuit dans les toilettes des gares, dans les vespasiennes, à l'abri des placards. Moi dans mon coin, je découvrais ma préférence pour certains de mes petits camarades de classes.

Il faudra attendre les années Mitterrand, pour que les choses changent, pour qu'enfin un souffle d'espoir souffle sur nos vies :

Le 28 avril 1980, François Mitterrand se prononce clairement en faveur de l'abrogation des discriminations légales :

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"Il n'y a pas de raison de juger le choix de chacun qui doit être respecté, aucune discrimination ne doit être faite en raison de la nature des mœurs. J'en ai pris la responsabilité".

 

 

Dès lors sous l'impulsion d'un homme épaulé par son camp, les discriminations vont tombées, les unes après les autres, entrainant dans leur chute les tabous et apportant à nos vies un peu de cet air frais que tant d'entre nous reniflent aujourd'hui avec dédain et suffisance

1981, François Mitterrand est élu. Certains esprits chagrins diront plus tard, qu'il a du sa victoire aux votes des homos, pour les promesses tenues à leur endroit ; qu'il a fait là un pari politique et que cela lui a réussi. Je n'en sais rien et si cette analyse est fondée, j'y vois plutôt un certain courage politique, qu'un mercantile calcul électoral ; mais cela ne regarde que moi. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il va les tenir ses promesses. Et les choses vont changer :

Mai 1981, l'élection à la présidence de la République de François Mitterrand conduit donc la nouvelle majorité à adopter successivement deux projets de loi, présentés par M. Robert Badinter, ministre de la justice, tendant à rendre effectifs les engagements pris. La loi n° 81-736 du 4 août 1981 portant amnistie concerne à la fois les outrages publics à la pudeur aggravés pour homosexualité (article 330, alinéa 2 du code pénal) et les actes contre nature avec un mineur de dix-huit ans (article 331, alinéa 3).

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Le Garde des sceaux, M. Robert Badinter, souligne que "l'Assemblée sait quel type de société, toujours marquée par l'arbitraire, l'intolérance, le fanatisme ou le racisme, a constamment pratiqué la chasse à l'homosexualité. Cette discrimination et cette répression sont incompatibles avec les principes d'un grand pays de liberté comme le nôtre. Il n'est que temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels, comme à tous ses autres citoyens dans tant d'autres domaines. La discrimination, la flétrissure qu'implique à leur égard l'existence d'une infraction particulière d'homosexualité les atteint- nous atteint tous - à travers une loi qui exprime l'idéologie, la pesanteur d'une époque odieuse de notre histoire ".

11 juin 1981, le ministre de l'intérieur, Gaston Defferre, supprime le groupe de contrôle des homosexuels à la préfecture de police et les fichiers les concernant.

Le 12 juin 1981, le ministère de la Santé n'accepte plus de prendre en compte l'homosexualité dans la liste des maladies mentales de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

1982, la proposition de loi, adoptée, après échec de la commission mixte paritaire, dans le texte de l'Assemblée nationale, devient la loi n° 82-683 du 4 août 1982 abrogeant le deuxième alinéa de l'article 331. Ce retour, en 1982, à la situation d'indifférence légale à l'égard de la sexualité, qui avait prévalu de 1791 à 1942 allait entraîner un certain nombre de mesures en matière de législation civile et de réglementation.

Les dispositions prisent par François Mitterrand auront un effet domino :

L'homosexualité est définitivement rayée par l'OMS de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990. C'est, cette date qui servira pour la commémoration de la journée internationale contre l'homophobie.

Plus tard sous le gouvernement de Lionel Jospin, le "Pacte Civil de Solidarité" (PaCS) est voté par l'Assemblée Nationale le 16 novembre 1999. Il ouvre la voie à la reconnaissance par l'état, pour la première fois, des couples homosexuels.

 

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Le 26 avril 2001, pour la première fois, l'État par la voie du Premier Ministre, Lionel Jospin, a évoqué la déportation pour homosexualité lors d'une cérémonie d'inauguration de plaque dans l'Hôtel des Invalides : "Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l'Occupation contre certaines minorités - les réfugiés espagnols, les Tziganes ou les homosexuels. Nul ne doit rester à l'écart de cette entreprise de mémoire"

 

Depuis, plus rien, le silence. Et au milieu de ce silence, quelques phases, qui font frémir :

Le mois dernier, au sujet du mariage gay, la députée UMP, Brigitte Barèges s'était interrogée; assimilant le mariage homo à la zoophilie elle déclare : "et pourquoi pas des unions avec des animaux?"

Bachelot soutient le mariage homo, trois députés UMP demandent sa tête.

Jacques-Alain Bénisti, député UMP du Val-de-Marne, a assimilé jeudi le mariage homosexuel et la légalisation du viol.

Christian Vanneste a qualifié le mariage gay d’«aberration anthropologique».

Et François Fillon (notre bon samaritain) a rappelé qu’il demeurait «opposé» à l’ouverture du mariage aux homos.

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Et qu'en pense notre bon président, notre "nain de jardin", avec ses airs de "faux cul", de ces propos nauséabonds, de cette cacophonie conservatrice ? Rien. Absolument rien. Il botte en touche et s'en remet à ses conseillés, qui, sur leur smartphone ont calculé les voix qu'il perdrait d'un côté, celles qu'il ne perdrait pas de l'autre.
Devant tant de léthargie, Emmanuel Blanc, président de Gaylib, l'association des homosexuels de l'UMP, baisse les bras et déclare dans un dernier soubresaut :
" vous voulez nos voix, donnez nous nos droits! "

Maintenant,  êtes vous convaincu que les revendications LGBT ne pourraient se tenir hors du jeu politique ? Que cette tante du bois de Verrières et vous-même, si vous vous reconnaissez dans ses propos, êtes " has-been".

 

Samedi je n'ai pas marché. Trop fatigué pour me rendre à Paris et suivre le défilé sous un soleil de plomb. Je l'ai regretté. J'ai regretté de ne pas avoir été de l'évènement, de ne pas avoir participé, contribué, par ma présence à cette manifestation pour nos droits et notre visibilité. Je n'ai pas marché, mais en 2012 je voterai, ça c'est sûr. Je voterai pour l'égalité des droits, pour que changent les mentalités, d'un côté comme de l'autre.

16:28 Écrit par patblog dans Carnet | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires

Pov petit con, blanc bec j'espère que tu sera un jour vieux et bedonnant, si tu y arrive

Écrit par : je t'emmerde | 30.12.2011

Il semble que le visiteur qui a laissé ce crachat sur mon blog, se soit reconnu. J'en suis rassuré. J'avais peur en écrivant ce billet, que ma description de ces deux vieux ronchons, ne soit un peu faible. Visiblement ce n'est pas le cas. Je dirais même plus : il semblerait que j'ai fais mouche. Soulagé je suis.
Bedonnant je ne le serai jamais : je suis d'une nature mince et je m'emploie à le rester. Quant à devenir vieux… Si c'est pour devenir aussi aigri et sénile que l'auteur de ce commentaire, je préfère tirer ma révérence avant. Mais pour cela il faut un peu de courage. Monsieur "je t'emmerde', un petit effort, que diantre !

Informations complémentaires : L'internaute en question est un abonné France Telecom – Orange, habitant à Epinay sur Orge (ou pas loin) son adresse IP est : 90.61.163.91. J'aurai bientôt la taille de ses caleçons, du XXXL pour le derrière et du S pour le devant, probablement.

Écrit par : Patinter | 30.12.2011

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