19.02.2012
Ancien carnet. Dimanche 11 février 2007. Héry.

Un garçon nommé Héry, (ancien carnet).
En allant au Tilt j’avais ma petite idée derrière la tête. C’était la première fois, depuis que j’y avais rencontré Héry que je pouvais à nouveau m’y rendre les samedis où ce garçon ne travaille pas et je savais que ce soir là j’avais une chance de le rencontrer. Alors, comme nous avions passé un moment sympa lors de notre première rencontre, je savais que je pouvais compter sur lui si je le croisais à nouveau.
Cela faisait 6 mois que je ne l’avais pas vu et que je pensais à lui de temps en temps et tout s’est passé comme je l’avais espéré.
Il était là, comme dans ma tête et au troisième regard échangé il m’a reconnu et m’a sourie. Un peu plus tard en passant à côté de lui j’ai passé ma main dans ses cheveux sans m’arrêter (la drague est un jeu où l’on teste sa chance avant de miser). Je savais qu’il se passerait quelque chose entre nous si je m’arrêtais à côté de lui, quelque chose qui ne me mènerait nulle part, mais qui me faisait envi et auquel ma raison ne savait comment résister ; quelque chose dont je ne saurais, ni que faire, ni dans quel poche de ma vie la ranger ?
Alors je suis revenu sur mes pas, simplement parce qu’il m’attendait, parce que je savais qu’il attendait qu’une force me pousse à le faire et que… (enfin, non), parce que je devinais que si je ne le faisais pas, si je n’allais pas vers lui, je me le reprocherais trop longtemps et que ce regret, ce remord, empoisonnerait mes pensées.
La tentation de la vie est la plus forte. Nous avons passé deux peut être trois heures ensemble ; dans ces moments là, la dimension temps disparait et tant de choses aussi.
Avec lui j’ai retrouvé le plaisir de serrer un corps contre le mien, le goût du baisé, l’odeur d’une peau de garçon et la douceur de cette peau sous mes doigts. Le plaisir de lécher délicatement un visage, de chercher avec le bout de ma langue sa pomme d’Aden et de la sucer avec délectation.
Nous avons fini dans une cabine (avec porte), parce qu’il voulait que je le prenne.
Une fois que cela eût été fait il m’a dit avec cette franchise naïve et sans détour qui fait beaucoup de son charme :
« tu vois on y est arrivé ! »
La boucle était bouclée, et moi, je ressentais une sorte de lassitude mêlée de déprime. C’était fait c’était fini et une pluie de questions et de doutes s’abattait sur moi.
Il avait joui, quelques gouttes seulement : "parce que je me suis fais prendre avant que tu arrives et avec l’un deux je me suis masturbé… ", a-t-il tenu a me préciser, avec cette honnêteté, cette candeur d’un gamin trop spontané que je redécouvrais après six mois.
Cette nuit là, le Tilt me faisait mentir, cette nuit là il y avait plein de garçons qui me faisaient envie ! Une constatation qui tranchait avec les nuits précédentes où je m’étais tant ennuyé !
Héry me disait qu’il m’inviterait chez lui un autre soir et qu’il viendrait chez moi si je l’y invitais, qu’il était content de m’avoir retrouvé, que les autres ne pensaient qu’a le limer mais qu’il y prenait aussi du plaisir et qu’il ne fallait pas que l’on oubli d’échanger nos numéros de portables.
Bref, Héry m’a dit tout et son contraire, comme un jeune gay parisien égal à lui même, déroutant.
Et pourtant, c’est tellement bon de l’avoir serré dans mes bras, d’avoir caressé son corps sans que la lassitude ne pointe son nez. C’est bon comme une douche sur un corps fatigué, battu par la vie. Bon comme le goût du sel sur la peau en été. Ses baisés avaient réveillé le plaisir de la vie et puis il y avait sa main qui venait se glisser dans la mienne malgré sa méfiance et que je serrais doucement, tout doucement, comme la patte d'un petit animal sauvage : pour effacer sa crainte, faire naître dans son regard cet instant de confiance et d’intimité qui lui manquait.
Une main dans ma main. C’est si peu et tellement à la fois.
19:58 Écrit par patblog dans Ancien carnet, Garçons de rêve | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2012
Ancien carnet, 15 janvier 2006.
En écrivant ce billet je ne savais pas encore que j'avais un "crabe" dans le ventre. C'était avant, le 15 janvier 2006. Ça me semble si près et c'est déjà de l'autre côté de le vitre.
"Il n’y a plus de Thomas, ni de Rached, ou de Miguel… Plus que des plans culs, des bites que l’on suce de plus en plus spontanément, mécaniquement en se posant de moins en moins de question. Je baise aujourd’hui avec des garçons que je ne remarquais même pas il y a si peu de temps : est-ce une bonne chose ? Ou bien devrais je avoir peur de cette nouvelle réalité.
Je vis comme si mon existence était en déficit : j’accepte les petits boulot, les petites bites, les torses trop poilus à mon goût, les boulets trop évidents.
J’ai peut être le SIDA, mais je commence à ne plus même me poser la question : j’adhère à la philosophie du milieu (sucer, le risque est infime…), est ce que je fais le bon choix ?
Je me converti à la doctrine gay… A reculons mais sans m’arrêter, ma vie rejoint les nuits fauves.
Souvent, je pense à ce garçon croisé dans le RER en rentrant du bureau. Ce garçon dont je ne sais rien, que je ne reverrai sans doute jamais et qui avait flashé sur moi comme cela m’est si rarement arrivé. Ce garçon qui me plaisait et que j’ai laissé partir, comme ça, comme si le fait d’être aimé, choisi, c’était déjà bien, déjà beaucoup. Durant quelque minutes, j’étais celui que l’on désir, dont on guette le regard, celui qui plait. Et cela me suffisait.
Souvent je pense à lui. Je me demande où il est, ce qu’il fait à cet instant, s’il se souviens parfois à cette après-midi où nous nous sommes croisé, si j’existe encore dans un coin de sa mémoire.
Que serait il arrivé si j’avais levé mon cul (petit certes mais toujours aussi lourds), de mon siège pour le rejoindre sur le quai, lui, qui une fois descendu du train remonta la rame, me cherchant derrière les vitres du wagon ; lui qui d’un geste de la main me demandait un numéro de téléphone ou n’importe quoi pour que l’on puisse se revoir, donner une suite. Il est parti en baisant les bras comme quelqu’un qui renonce et tandis que les portes du train se refermaient (à mon grand soulagement), j’ai senti dans son regard qui se détournait que j’avais déçu.
Était-il différent du garçon rencontré à la piscine de la rue de Pontoise ? Ce beau jeune homme qui m’avait tellement déçu lorsque j’avais compris qu’il ne pensait qu’à m’entraîner dans sa cave, pour un plan cul...
Au fond je ne dois pas aimé suffisamment les garçons pour les laisser partir ainsi. Ai-je peur de ce qui est possible ? Ou peut être est ce que je les aime trop et ne les désirs pas suffisamment.
Il me faut trop de temps pour me lever, pour réveiller mes jambes puis mes mains, pour décider d’un sourire et choisir celui qui me semble le bon. Tant de temps, trop de temps ; au point que lorsque je me sens enfin prêt l'autre est déjà bien loin.
Il n’y a plus rien devant moi qu’un mur de nuit.
Je n’attends plus rien, ni personne, je n’ai plus de rêve ni d’innocence. Je joue les arrêts de jeux, seul au milieu d’un stade qui s’est vidé et ne résonne plus de rien.
Juste quelques bites à sucer, sans un sourire, ni même un regard."
20:02 Écrit par patblog dans Ancien carnet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






